Le chiffre du jour :
Pour 15 000 naissances annuelles en Iakoutie, 18 000 femmes
avortent. À méditer.
Nache Vremia (Notre Temps) du 27 mai
Une délégation iakoute
à Paris…
Le gouvernement iakoute, avec une délégation
de 146 personnes, s’est rendu à Strasbourg
puis à Paris la semaine dernière, à
l’occasion des journées de la Iakoutie. C’est
un des voyages les plus importants qu’ait jamais fait
le gouvernement iakoute à l’étranger.
Le but était d’établir des liens économiques
et culturels entre les deux pays. Le journal rappelle le
potentiel de la région et l’attrait qu’elle
peut représenter pour des investisseurs étrangers.
Il souligne qu’une autre république de la Féderation
de Russie affectionne ce type de mission : le Tatarstan,
qui s’avère être un des centres métallurgiques
les plus importants au monde.
L’article tente d’évaluer les conséquences
du référendum et du changement de gouvernement
en France. Et s’interroge sur l’intérêt
d’un tel voyage. Quelles retombées économiques
pour la Iakoutie et pour la région ? Quel coût
pour un tel déplacement, sachant qu’un aller-retour
pour Moscou et pour 150 personnes coûte déjà
14 millions de roubles (115 000 euros) ? Espérons
que les contrats obtenus ou à venir rentabiliseront
ce voyage.
Iakoutsk, Vietchernii (Iakoutsk
soir) du 27 mai - Kaléidoscope
Tragédie à Nerioungrie
Quatre adolescents partis en pique-nique dans les environs
se sont fait attaquer par un ours. L’un d’entre
eux est mort. Ce fait divers a beaucoup impressionné
la population. D’après les spécialistes,
il est très rare que l’ours attaque l’homme.
Il semble que l’insouciance des adolescents ait provoqué
ce drame. En effet, la veille, ils auraient dû quitter
les lieux dès qu’ils se sont rendu compte qu’un
ours, attiré par la nourriture, était venu
leur rendre visite. Or cela ne les a pas inquiétés
outre mesure. Le lendemain, lorsqu’ils se sont retrouvés
face à face avec l’ours, ils se sont enfuis
en courant, réveillant ainsi l’instinct de
chasseur de l’animal.
Le journal rappelle les consignes de sécurité
:
Quitter immédiatement une zone dès qu'on trouve
des traces manifestes du passage d’un ours.
Ne jamais se mettre à courir mais s’éloigner
le plus doucement possible. Si l’ours est une maman
avec ses petits ou semble blessée, éviter
de faire du bruit, agiter des tisons si il y a un feu à
proximité ou monter le plus vite possible dans un
arbre.
À coeur ouvert
Sexe : âmes sensibles, tournez la page
Le journal précise qu’il ne s’agit pas
d’un dossier scientifique et se défend d’une
quelconque volonté de classifier les religions et
se dit guidé par la simple curiosité de la
façon dont la vie sexuelle est vue par les différents
cultes. Il conseille aux âmes de vite tourner la page.
Nous apprenons ainsi que :
Ne pas faire l’amour à sa femme le vendredi
soir est péché chez les juifs. Et plutôt
deux fois qu’une car les femmes mettent plus de temps
à avoir du plaisir. Par contre, cela doit se faire
uniquement dans le noir et nulle présence, nul regard
ne doivent être soupçonnés. Pas même
un cafard ou une mouche. Et oui, eux aussi ont des yeux
!!!
Chez les chrétiens, on ne conçoit le sexe
que pour la procréation. Avoir ne serait-ce qu’une
pensée impure est déjà péché.
Seule la position du missionnaire est autorisée,
toute autre étant bannie.
L’islam semble plus positif dans sa relation au sexe.
Il existe de nombreux livres sur le sujet. L’un des
plus populaires, "Le Jardin des Plaisirs", écrit
au XVe siècle, explique qu’un acte sexuel digne
de ce nom doit durer trois heures pendant lesquelles la
femme doit avoir au moins dix orgasmes. Alors seulement
la satisfaction peut être complète. À
bon entendeur… C’est la seule religion qui promet
aux hommes le bonheur sexuel après la mort : une
femme et 72 vierges éternelles. (ndlr : et les femmes,
elles font quoi après la mort ?)
Le point commun entre ces trois religions : rien avant le
mariage !
Pour l’hindouisme et le bouddhisme, le sexe serait
dangeureux. Mieux vaut tendre à une vie spirituelle
et transformer son énergie sexuelle en énergie
intellectuelle.
Il n’y a que Shiva pour qui le plus c’est le
mieux : vive Shiva !
(ndlr : il fallait au moins aller à Iakoutsk pour
apprendre tout ça !)
Porte-monnaie et niveau de vie
Le journal établit par région et par secteur
d’activité une moyenne des salaires dans la
république de Iakoutie. Les statistiques démontrent
que, si l’on gagne mieux sa vie aujourd’hui,
ce n’est pas vrai pour tous ni partout.
337 226 actifs pour une population d’environ 900 000
habitants.
Chaque mois ils gagnent à eux tous 4 081 921 080
roubles, soit 116 626 316 euros, soit un salaire mensuel
moyen de 345 euros par personne.
Mais remettons les choses à leur place. Il s’agit
de données générales. Nous n’allons
pas vous assomer de chiffres par secteur d’activité
et par personne mais sachez en gros que :
La moyenne des salaires oscille entre 8 000 et 12 000 euros
par an, soit 228 à 340 euros par mois.
Les mieux payés sont ceux qui travaillent dans l’extraction
de diamants : 24 631 roubles soit 700 euros par mois. Dans
les produits pétroliers et dans la finance : environ
40 000 roubles soit 1 200 euros par mois.
Pour info, un médecin touche 235 euros pour le même
niveau d’études qu’en France. Il sont
36 856. Les professeurs (72 376 personnes) ont un salaire
moyen de 200 euros.
Ils gagnent moins qu’un fonctionnaire (362 euros)
ou qu’un éboueur (294 euros).
Sur les 35 régions de Iakoutie, on trouve les plus
hauts salaires moyens dans la zone de Mirnyi (mines de diamants).
Iakoutsk et sa banlieue se situent en 5e position.
Iakoutia du 27 mai
Main basse sur les diamants : la tentation
oligarchique
Lettre ouverte à Vladimir Vladimirovitch Poutine,
président de la Fédération de Russie
(FR)
Les signataires - députés, acteurs, sportifs
ou poètes - demandent au président russe de
se pencher sérieusement sur le problème de
la privatisation d’Alrosa, importante société
d’extraction de diamants, inscrite par lui-même
sur la liste des entreprises stratégiques de la FR.
Ils lui rappellent le rôle majeur d’Alrosa,
principal vecteur de stabilité ainsi que de développement
économique et social de Iakoutie (un tiers du budget
de la république). Alrosa constitue en outre la plus
importante source de revenus pour la Russie tout entière.
Alrosa, dont le capital est réparti au niveau fédéral,
régional et municipal, génère des bénéfices
croissants (23% de la production mondiale de diamants).
Cette répartition du capital sur trois niveaux protège
l’établissement et garantit des retombées
économiques au pays tout entier. Mais la rentabilité
actuelle de l’entreprise attire de plus en plus d'investisseurs
privés, qu’ils soient russes ou étrangers.
La région étant propriétaire, les signataires
demandent au président d’interdire l’ouverture
du capital d’Alrosa, de faire cesser les velléités
de rachat du parc immobilier de l'entreprise par certains
membres du gouvernement et de la protéger des spéculations
oligarchiques.
Sans son intervention, la République risque de perdre
le contrôle et la gestion de la principale source
de son budget, avec les conséquences dramatiques
que cela suppose pour la population. Les signataires concluent
en rappelant le rôle du président Poutine,
garant du respect de la constitution et des lois, et protecteur
des interêts de la Russie.